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- actualité de 29.01.2012 -

N’ayons plus peur des frelons!


Responsable Éditeur
Dieter Kosmeier
Photos et Videos

Dr. Elmar Billig
Pour consultation scientifique
Thomas Rickinger
Traduction en Francais
Christiane Reckfort et corrigé par Luc Morel


Deuxieme partie: Cycle de vie d’une colonie de frelons.

1.Construction du nid par la reine.

Début avril quand les tempèratures sont assez élevées une reine se réveille et termine son hibernation. Elle avait été fécondée l’automne passé! (Taille: environ 35mm). Les gelées de l’hiver ne l’on pas dérangée car elle a hiberné cachée dans une anfractuosité d’arbre ou sous terre. Pendant ce temps ses organes travaillaient au ralenti car son corp a produit le glycerol (protection contre le gel)..

Premièrement elle part à la recherche d’un site propice pour bâtir son nid et se nourrit de sêve d’arbres et d’insectes qu’elle chasse ...

Agrandir les photos avec un click! 

tanière naturelle
tanière naturelle, foto: Kai-Uwe Blumenthal

Les tanières naturelles et les fûts d’arbres étant de plus en plus rares, elle recherche souvent une compensation dans l’environnement des humains. Des vieilles granges, des toits de terrasses et des balcons recouvert de bois lui conviennent bien, tout comme des niches dans les greniers et des boîtes de volets.

Nid de frelon dans une boîte de volet
Nid de frelon dans une boîte de volet

Dès qu’elle a choisi un emplacement qui lui convient pour la fondation d’une colonie elle construit d’abord la base du nid. C’est un pédoncule qu’elle attache fortement à un support construit avec du matériel qu’elle a receuilli elle-même. A ce pédoncule elle accroche un rayon d’alvéoles hexagonales, quelques unes au bas du pédoncule et en construit alors à la suite plusieurs autres (40 à 50 maximum) qui seront bientôt toutes occupées par un oeuf..


5 à 8 jours plus tard ce petit oeuf blanc donne naissance à une petite larve (1-2mm) qui passera dans les 12 à 14 jours suivants par les cinq stades de larve..

Tête d’une larve frelon
Kopf einer Hornissenlarve; Foo: Dr. Elmar Billig

Grâce à une substance secrétée l’oeuf est maintenu dans l’alvéole. La larve boudinée ne peut tomber à cause de sa grosseur. A l’aide d’une glande spéciale elle produit un fil de soie pour tisser un opercule qui l’enfermera dans l’alvéole. Ainsi protégée, la larve évolue pendant les 13 à 15 jours suivants et se transforme en frelon. L’évolution cocon-insecte s’appelle la „Métamorphose“..


L’insecte terminé sort sans aucune aide de son alvéole en mordant son couvercle..

Deux frelons qui viennent de naître
(au milieu de la photo)

die Puppen werden von den Arbeiterinnen gewärmt; Foto: Konrad Schmidt

L’ouvrière frelon qui vient de naître passe ses premiers moments comme paralysée, la tête enfoncée dans une alvéole vide. En fait elle accomplit déjà un travail important, à savoir chauffer les cocons voisins sensibles au froid.

Une ouvrière de l’espèse VESPA VEXATOR est capable de cette facon de faire passer la tempèrature des alvéole voisines de 21 à 31 degrés en 6 minutes..


Contrairement aux autres matériaux récoltés tels que eau, jus de fruits et protéine sous forme d’insecte, les matériaux de construction ne sont pas de suite donnés aux autres ouvri`res mais bien traités par la récoltante. Une ouvrière nouveau-née ne vole pas encore et ne sait pas faire des travaux au nid. Cela sera possible seulement quelques jours plus tard. Le jeune animal ne s’envole qu’aprés 2 ou 3 jours. C’est alors que les ouvrières commencent à construire une enveloppe de protection autour du premier plateau d’alvéoles.. Chaque petite celluule (alvéole por ouvrière) peut être occupée jusqu’à quatre fois, par contre les grandes cellules (pour insectes sexués, reine et jeunes mâles) ne sont occupées que 0,7 fois..

Dès que les 5 ou 10 premières ouvrières ont éclos (environ début juillet) la reine reste de plus en plus au guêpier car les travaux sonzt à présent accomplis par les ouvrières. Ces frelons (18 à 25mm) sont plus petits que la reine (35mm) et leur durée de vie n’est que de 3 à 4 semaines. Quand plusieurs ouvrières sont nées la reine ne quitte plus du tout son nid. A ce moment la période la plus dangereuse pour le peuple de frelons est résolue car dans son guêpier la reine ne court plus de danger; elle va désormais se consacrer uniquement à la ponte jusqu’à la fin de ses jours et ses filles vont assumer toutes les autres tâches.

Hornissen beim Ausbau der Anfangswaben

Reine et ouvrières en train de travailler sur la cellule initiale (la grosse reine se trouve au milieu)

Ces insectes vous paraissent sans doute grands mais sachez que dans des régions d’Asie et au Japon existe la VESPA MANDERINIA, une parente de nos frelons, qui est deux fois plus grande.

Pour que la population se développe beaucoup d’ouvrières doivent encore naître. Elles sont tout le temps en activité et apportent sans arrêt matériaux de construction et eau.

Le travail se poursuit même la nuit.

Il est possible qu’ils soient attirés, dans l’obscurité, par des sources de lumières. Celles-ci les fascinent tellement qu’ils ne savent plus s’en détourner et qu’ils perdent leur orientation. Mais dès que la lumière s’éteint ils retrouvent immédiatement toutes leurs facultés. Si un frelon rentre dans une habitation (attiré par la lumière) et n’en sort pas alors que la lumière est éteinte il faut le remettre dehors. Pour ce faire, retourner un verre sur l’insecte, glisser un papier dur en -dessous et porter le tout dehors, retirer le papier, l’insecte s’envolera. Si ces incursions sont régulières on peut installer des voles anti-insectes aux fenêtres. Notez que les frelons volent encore à une intensité lumineuse de 0,01 Lux, ce que pour l’oeil humain représente l’obscurité totale!

Bild eines Hornissennestes

Ilors des périodes de fortes chaleurs les ouvrières humectent le dessus des alvéoles avec de l’eau qui refroidit le guêpier en s’évaporisant.

Après avoir terminé le premier étage d’alvéoles, elles construisent le second à l’aide d’un ou plusieurs pédoncules. Le nid s’agrandit toujours vers le bas et chaque nouvel étage est accroché au précédent. En même temps elles continuent l’enveloppe de protection!


Du bois mort sert de materiel de construction.

Avec les mandibules (pinces de la mâchoire) elles arrachent des petits morceaux de bois partout où elles en trouvent, c’est à dire, vieux arbres, vieilles constructions en bois, bois d’un vieux banc pourri, ect..... Le bois est mâché, imprégné de salive et devient alors une pâte malléable. A l’aide de leurs pattes de devant elles en forment une petite boule.

L’endroit où les frelons ont grignoté du bois est reès facile à reconnaitre.

Kinderstube der Hornissen

Le couvin des frelons..

Il est très facile de reconnaître les larves et les alvéoles coconisées.


Après avoir rassemblé assez de matériaux, elles rejoignent le nid et travaillent aussitôt, soit aux alvéoles, soit à l’enveloppe de protection. Leur salive sert de colle..

Nestausbau (Foto: Dr. Elmar Billig)

Cette pâte gluante sèche très vite et devient une couche de carton. La structure de l’enveloppe de protection, avec ses fines nervures et ses poches d’aération, montre les diffèrentes couleurs des bois qu’elles ont utilisé. Chaque ligne montre l’importance du travail accompli et la quantité énorme de bois qu’elles ont transporté jusqu’au nid.


Les étages d’alvéoles du guêpier sont un véritable miracle de la nature. Depuis des millènaires se transmés génétiquement de génération en génération l’art de construire.


2. Ravitaillement du couvin et développement final du nid.

Hornisse beim Zerlegen einer erbeuteten Wildbiene; Foto: Frank Hornig

Des milliers d’insectes sont capturés chaque jour! A l’aide des madibules les insectes capturés sont partagés: tête, pattes avant, ailes, pattes arrières. Seul le thorax (moteur du vol) qui est riche en protéine est transformé en boulettes de viande  qui sont ramenées au nid.

Cette nourriture est morcelée avant d’être distribuée aux larves.

Au moyen de leir mandibules les larves grattent les parois de leurs alvéoles occasionnant de la sorte un bruit rytmé appelé „Le grattage de la faim“ ( A écouter ici! ) Les ouvrières sont stimulées par ce bruit et se mettent à les nourrir.

Abgabe eines Futtertröpfchens an eine Arbeiterin; Foto Dr. Elmar Billig En période de mauvais temps les ouvrières ne peuvent pas partir chasser et sont nourries au moyen de gouttes secrètées par les larves. Celles-ci sont de véritables réserves de nourriture ce qui aide toute la population à survivre pendant le temps de vaches maigres.

Les scientifiques appellent ce procédé: „TROPHALLAXIE“. Il faut savoir que les frelons n’ont pas de réservoir de nourriture comme les abeilles ou les bourdons..

La reine a également un grand besoin d’aliments riches en protéines pour le bon développement de ses ovaires et l’énorme production d’oeufs qui lui coûte beaucoup d’énergie. Les ouvrières par contre ne se nourrissent que de liquides sucrés et pour garantir le bon fonctionnement de leur système d’envol elles lèchent la résine des arbres blessés à l’aide d’une sorte de langue „GLOSSA“. De préférence la sève du frêne, mais aussi du chêne, du bouleau, des arbres fruitiers,, des branches de lilas. Grâce à leurs mandibules elles peuvent provoquer des petites. saignées aux jeunes branches..

"Ringeln" einer Hornisse, Aufnahme von Baumsaft; Foto: Dr. Elmar Billig

„Epluchage“ du frelon."

Dans d’anciennes litératures forestières les frelons sont catalogués comme animal nuisible et devant donc être exterminé. En effet l’épluchage des branches fines causait quelque fois leur mort.

Comparés aux dégats causés par le gibier, cela ne vaut pas la peine d’en parler.


Autres sources de nourriture:

  • Jus de fruits très mûres ( fruits tombés)

  • Nectar de fleurs tel que berberis, cotonéaster, bourdaine et lierre

Hornisse (engl.: hornet) am Fallobst

Frelon sucant un fruit tombé.

Il existe en Allemagne 2 Formes de couleurs: une à l’ouest et au Sud dénomée „VESPA CRABRO GERMANA“ que l’on peut voir sur cette photo portant un V rouge sur le thorax ...

Vespa crabro crabro (Nominatform), Foto: Dr. Elar Billig

... et une au Nord et à l’Est dénomée „VESPA CRABRO CRABRO“.

Il existe naturellement des bâtards de deux groupes le long de la ligne géographique.


Le frelon n’est jamais gênant en plein été comme certaines sortes de guêpes qui viennent chercher des sucreries sur les tables des humains. Il ne s'intéressera pas à la glace d'un enfant ou aux sucreries. Comme quoi il est improbable d'être piquer par un frelon dans la bouche où la gorge.

A défaut de trouver des places naturelles pour leur nid au printemps, les reines s’établissent quelques fois dans des nichoirs d’oiseau mais cela na convient pas bien faute de place pour le développement complet du nid. Déjà au début de l’été quand la population compte 25 à 30 insectes et que le nid comprend 3 à 4 étages d’alvéoles, le développement du nid a alors atteint ses limites et dès lors il reste aux frelons 2 solution: Soit continuer la construction hors du nichoir (ce qui donne de gros problèmes avec les intempéries) soit envoyer des „ouvrières chercheuses“ en mission d’exploration dans les environs (même technique que les abeilles éclaireuses). Si la mission est couronnée de succès, elles excortent alors d’autres ouvrières et commencent un nouveau nid à l’endroit choisi..Par la suite, la reine est également escortée par plusieurs ouvrières au nouvel habitat. Si cela se passe tout au début du cycle, la reine arrive déjà avec les premières ouvrières.

Cette procédure est dénomée: „formation d’une filiale“ et entre les deux nids se poursuit alors un vol pendulaire.

Dès leur naissance les ouvrières du nid d’origine sont escortées vers le nouveau nid. Peu à peu le nid d’origine tombe en désuétude et après environs 4 semaines le déménagement complet est terminé.

Hornissen im Vogelnistkasten; Foto: Dieter Kosmeier Hornissen im Vogelnistkasten; Foto: Dieter Kosmeier Filiale im Vogelnistkasten; Foto: Dieter Kosmeier Filiale im Vogelnistkasten; Foto: Dieter Kosmeier

De la mi-août à la mi-septembre la population atteint son zenith. Elle peut comprendre de 400 à 700 individus et le nid atteint pratiquement une hauteur de 60 cm.

Drohn (Männchen) einer Hornisse; Foto Dr. Elmar Billig

La reine est à même de déterminer avec précision exacte une ponte d’où éclorent soit des mâles soit des jeunes reines.

Les mâles sont facilement identifiables: ils mesurent de 21 à 28mm, ont une tête longue et mince et de très grandes antennes courbées.


Cas particulier „La perte de la reine“
Toute les ouvrières d’une population sont en principe filles de la reine. La reine produit une sécrétion hormonale (pheromone) avec laquelle elle empêche les ouvrières d’être fertiles. En effet le dégagement continu de cette hormone inhibe le développement de leur appareil génital. Si la reine vient à mourir, se forme alors un nid „orphane“ (également appelé: peuple sans reine ou couvin de mâles). En l’absence de la reine les ovaires de quelques ouvrières sont alors réactivés (carence de l’hormone précitée). Ces insectes pondent mais les oeufs sont non fécondés et dès lors ne vont éclore que des frelons mâles. Vu le manque de nouvelles ouvrières le nid est voué à l’extinction dans les 4 à 6 semaines qui suivent.


3. Fécondation des jeunes reines et hibernation.

L’apparition des sexués annonce la décadence du nid. Les ouvrières négligent de plus en plus la reine mère qui n’est plus approvisionnée convenablement

Altkönigin; Foto: Robert Ripberger

C’est ainsi que finalement elle quitte le guêpier et, épuisée par les fatigues de la ponte, elle meurt après avoir vécu environ 1 an..

Sur cette photo on distingue bien les symptômes d’une vieille reine (le manque complet de duvet sur le thorax et le délabrement des ailes)


Les ouvrières ne s’occupent plus que du ravitaillement des insectes sexués. Grâce à l’assimilation abondante de matières riches en protéines et sucrées les jeunes reines s’assurent une réserve pour la grande pause hivernale. Les sexués ne participent à aucun des travaux du nid. Ils se conduisent totalement d’une manière passive. C’est pourquoi les larves qui ne sont pas encore coconisées n’ont aucune chance de survie. Elles maigrissent et tombent de leur alvéole..

Les larves dont les ouvrières reconnaissent le peu de chance de survie sont même enlevées des alvéoles, sorties du nid et ensuite larguées en plein vol.

Lors des belles journées d’automne de nombreux insectes sexués essaiment et se rassemblent près des hauts arbres aux environs de leur nid pour s’accoupler. Les jeunes reines peuvent s’accoupler plusieurs fois (POLYANDRIE). Les jeunes mâles éphémères meurent alors après quelques semaines.

Les reines fécondées se mettent à la recherche d’un refuge où il y a peu de variations de climat pour hiverner et ce, dans une position typique. Cette période s’appelle „DIAPAUSE“.


Les ouvrières, ayant une durée de vie limitée à 3 où 4 semaines, meurent au début ou à la mi-novembre. Ainsi s’arrête alors la vie du guêpier, et l’année prochaine ce nid ne sera pas réoccupé. Beaucoup de jeunes reines ne surviverons pas l’hiver. Elles sont souvent victimes de maladies ou de mycoses et de plus, vu leur position fixe, elles sont également décimées par les insectivores.

 


>>> Ici on va à la troisième partie <<<


 

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